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Notre histoire

La Municipalité de Lac-Simon est l’une des 25 municipalités faisant partie intégrante de la Municipalité régionale de comté (MRC) de Papineau en Outaouais. Située dans la vallée de la Petite-Nation, elle couvre une superficie de 121 km2 et couvre 77 kms de chemins. Elle est bordée au nord par la Municipalité de Duhamel avec laquelle elle partage le lac Simon, au sud par la Municipalité de Ripon, à l’est par la Municipalité de Chénéville et à l’ouest par la Municipalité de Montpellier. Blottie dans la tranquillité de la forêt laurentienne, la municipalité de Lac-Simon compte plusieurs plans d’eau dont le très célèbre lac Simon. Avec ses 80 km de circonférence et ses 100 mètres de profondeur, ce lac est l’un des plus grands lacs naturels du Québec et constitue l’un des attraits majeurs de la Municipalité.

Depuis les début de peuplement, Lac-Simon s’est développé progressivement aux pourtours des baies de la partie sud du Lac-Simon et de la partie nord du lac Barrière. Parmi les charmes de ces lacs, marqué autrefois par le passage des Premières Nations, la grande île de Canard Blanc, sur laquelle se trouve un lac pittoresque: le lac des Étoiles. Aux confins de ce lac, le déversoir du lac Barrière sert d’entonnoir vers la rivière Petite-Nation. L’immense majorité du territoire municipal est composé d’espaces boisés, de plans d’eau et de milieux humides d’où notre slogan : pour l’eau, l’air et la verdure. Par son cadre forestier et vallonné enchanteur, les nombreux plans d’eau de la Municipalité ont été un attrait important pour le développement du territoire. Les premières constructions étaient essentiellement des chalets et des résidences d’été. Nous constatons que le développement du territoire s’est fait de manière dispersée autour des lacs Simon, Barrière et Viceroy, plutôt que de manière traditionnelle autour d’un noyau villageois.

Quelques dates importantes

Les premiers colons se fixèrent sur le bord du lac Simon vers 1852. Ils s’y installèrent pour l’agriculture et l’industrie du bois, dont la drave.

1864La Municipalité est reconnue comme entité appelée la Municipalité des Cantons-Unis «d’Hartwell et de Preston».
1890La Municipalité reçoit la désignation «les Cantons-Unis d’Hartwell et Preston».
1903Le détachement d’une partie d’Hartwell devient la Municipalité de Chénéville.
1936La Municipalité de «Hartwell et Preston» se sépare pour former deux entités, la Municipalité d’Hartwell et la Municipalité de Preston.
1958Changement de nom de la Municipalité d’Hartwell pour devenir «Municipalité de la paroisse de Chénéville».
1965La Municipalité de la paroisse de Chénéville devient la «Municipalité de Lac-Simon».

Le premier Simon, celui qui a donné son nom au lac, s’appelait Simon Kanawato. Il fut baptisé enfant inconnu à 11 ans, le 23 juillet 1808 à Oka, du nom de Simon. Charles Ganawato ou Kanawato, un Iroquois d’Oka qui l’avait amené de Grand Portage, l’adopta. De la nation des Cris, il avait été iroquoisé sous le nom de Simon Taniharons. À la mission, on refusa de le marier à la femme qu’il avait choisie et avec qui il avait déjà plusieurs enfants. Simon Kanawato et sa famille furent chassés du village iroquois. Ils habitèrent sur l’île Canard Blanc après cette date, vers 1820. […]

Simon Kanawato et «l’Outaoise» Marie Anne Otajawadjiwanokwe vivaient ensemble depuis 20 ans lorsque Monseigneur Ignace Bourget les dispensa du second degré d’affinité. Ils s’épousèrent le 23 juillet 1838 à Oka. Ce jour-là, il y eut deux autres mariages. Leur fils Benjamin dit Matchikiwis, matchikiwis veut dire fils aîné, épousa Marie-Louise Kiwandawekwe, la fille de Catherine Wasseiabanokwe  et de Jacques Kije-Mite dit Commandant de la nation des Nipissingues. Ces derniers marièrent aussi leur fils Simon Wabiginis à Charlotte Pajitakwatamokwe, la fille d’André Pekasiketch ou Pecacasiquèche et d’Élizabeth Pinessiwabanokwe. Ceux-là étaient les grands-parents d’Amable Canard Blanc. Ainsi s’est noués les Simon, Commandant, Canard Blanc, qui chassaient sur leurs terres dites des Algonquins de la Petite-Nation.

Simon Kanawato dit Blanc se dira Simon Leblanc. Benjamin, le fils à Simon, deviendra par assimilation Benjamin Simon. […]

Simon Kanawato décéda le 11 juillet et fut inhumé le 14 juillet 1874 dans le premier cimetière de Hartwell, près de l’ancienne chapelle qui domine le lac Simon. […]

Le lac Simon servait au flottage et à la drive. Les billots étaient destinés aux scieries de Hull. Un petit vapeur les engageait dans la Petite-Nation à la chute du lac Barrière. La forêt reculait, la vie nomade s’éteignait. Vingt-cinq Algonquins résidaient dans Hartwell en 1885.

« La forêt cessa d’être à eux seuls. […] Des maisons de troncs de cèdres lavés de chaux surgirent. D’autres canots que les leurs sillonnèrent leur grand lac. Ils se virent […] en vingt ans, environnés par leurs frères les Visages Pâles. » (Albert Ferland )

Jean-Guy Paquin, extraits du livre Le pays de Canard Blanc, Écrits des Hautes-Terres, Montpellier, 271 pages, 2004. © Écrits des Hautes-Terres et Jean-Guy Paquin. 

Wabishib ou Amable Canard Blanc naquit le 28 décembre 1834 « dans les terres de chasse des Algonquins » et fut baptisé AmablePekakasiketch, à Oka, le 8 juin 1835. Ses parents étaient Nipissingues. Sa mère était la fille de Mathias Chabakawatch et d’Élisabeth Okitchitchiwanokwe. Son père était le fils d’André Pekasiketch et d’Élisabeth Wasekijikokwe. Mariés en 1818, Joseph Pekakasiketch et Cécile Panosinokwe vivaient au village d’Oka et eurent dix enfants ensemble. Au printemps, ils revenaient de leur terre de chasse à Oka, à la mission dite mission des Sauvages, où les familles renouaient entre elles. Pierre-Mathias, le frère d’Amable, fut recensé à Arnprior en 1871 sous le nom de Peter Whiteduck. Aux registres d’Oka, il apparaît sous Mathias Pekakasiketch dit Canard Blanc et Pierre-Mathias Wabichip Canard Blanc à son décès, le 26 septembre 1897.

Amable Canard Blanc s’est marié, à Oka, sous le nom d’AmableKanaabanoketch à Louise Minawasikekwe, le 14 juillet 1857. Louise était la fille de Simon Kanawato et de Marie-Anne Otajawadjiwanokwe. Selon la tradition, le couple demeura dans la famille de l’épouse. Il s’installa dans l’île à Simon Kanawato en 1861.

Louise Simon mourut le 25 mars 1927. Elle avait vécu sa vie sur l’île mais personne ne peut dire si ce fut jusqu’au moment de son dernier souffle. Amable Canard Blanc, vers la fin de sa vie, demeurait au village de Chénéville chez sa fille Asilda et son gendre François d’Assise Pilon.

Leurs enfants se dispersèrent, certains en Ontario. Joseph fut enterré sur la réserve de Whitefish Lake à Naughton, près de Sudbury. Olivine mourut à Sainte-Sophie dans le comté de Terrebonne et Marie-Louise décéda à Montréal. Elles furent toutes deux inhumées à Chénéville. Asilda, Catherine, Angèle, cette dernière cousait, résidaient au village de Chénéville. Jean-Baptiste demeurait à la Pointe-à-Baptiste au lac Gagnon, à Duhamel, ainsi que son frère Hyacinthe. Ce dernier fabriquait des canots d’écorce miniatures qu’il écoulait, à son kiosque de Chénéville, au temps des courses sous harnais. Très populaires dans les années 1950, les chevaux couraient dans le secteur du parc Urbain-Chéné.

Il sera le dernier de l’île. Hyacinthe était en résidence à Ripon quand il a rendu l’âme à 96 ans, en 1972. Son père Amable avait quitté ce monde le 19 septembre 1931, à 97 ans.

Jean-Guy Paquin, extraits du livre Le pays de Canard Blanc, Écrits des Hautes-Terres, Montpellier, 271 pages, 2004. © Écrits des Hautes-Terres et Jean-Guy Paquin.